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Gérer la location

Combien de temps conserver les documents d'une location ?

6 min de lectureMis à jour le 30/07/2026

Il n'existe pas de durée légale unique de conservation imposée au bailleur : ce sont les délais de prescription qui déterminent combien de temps garder ses preuves. Les actions liées au bail d'habitation se prescrivent par trois ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Il est donc conseillé de conserver le bail, les quittances, les décomptes de charges et les états des lieux au moins trois ans après la fin de la location. Le DPE se garde tant qu'il est valable (durée de validité de dix ans) et les justificatifs de revenus fonciers au moins trois ans, compte tenu du droit de reprise de l'administration fiscale.

Existe-t-il une durée légale unique de conservation ?

Beaucoup de bailleurs cherchent une durée officielle qui indiquerait combien de temps garder chaque document d'une location. Cette durée unique n'existe pas : aucun texte n'impose au propriétaire une période de conservation identique pour l'ensemble de son dossier. Ce sont en réalité les délais de prescription, c'est-à-dire les délais au-delà desquels une action en justice n'est plus recevable, qui commandent la durée de conservation utile.

Le raisonnement est simple : un document doit être conservé aussi longtemps qu'il peut servir de preuve dans un litige encore susceptible d'être engagé. Tant qu'une action reste possible, le bailleur a intérêt à disposer des pièces qui établissent sa position ; une fois le délai écoulé, le risque de contentieux disparaît et la conservation ne présente plus le même enjeu.

Cette logique concerne autant le bailleur que le locataire. Le propriétaire garde ses preuves pour réclamer, le cas échéant, des loyers ou des charges impayés ; le locataire conserve les siennes pour contester une régularisation ou demander la restitution de son dépôt de garantie. Les mêmes délais s'appliquent donc dans les deux sens.

Trois ans : le délai de prescription des actions liées au bail

Les actions dérivant d'un contrat de location d'habitation se prescrivent par trois ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. Ce délai résulte de l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989, introduit par la loi ALUR. Il constitue le repère central pour la conservation des documents locatifs.

Concrètement, ce délai de trois ans couvre l'action en paiement des loyers et des charges impayés : le bailleur peut réclamer les sommes dues jusqu'à trois ans en arrière. Il couvre aussi les actions du locataire, par exemple la contestation d'une régularisation de charges ou une demande liée à la restitution du dépôt de garantie. De part et d'autre, le même horizon de trois ans structure les preuves à conserver.

Il est donc recommandé de conserver le bail signé, les quittances de loyer, les décomptes de charges et les états des lieux d'entrée et de sortie au moins trois ans après la fin de la location. Ce délai court après le départ du locataire, et non à la signature du bail : c'est la fin de la relation locative qui sert de point de départ pratique à la conservation.

Combien de temps garder chaque document ?

Chaque pièce du dossier répond à une finalité précise, ce qui permet de raisonner document par document. Le bail et ses annexes matérialisent l'accord des parties et les conditions de la location ; les quittances prouvent les paiements ; les décomptes de charges justifient les régularisations ; les états des lieux servent de référence en cas de litige sur le dépôt de garantie.

Le tableau ci-dessous récapitule les durées de conservation conseillées et la raison qui les justifie. Ces durées sont des repères de prudence, alignés sur les délais de prescription et sur le droit de reprise de l'administration fiscale : conserver plus longtemps ne présente aucun inconvénient, alors que jeter trop tôt peut priver le bailleur d'une preuve utile.

Combien de temps conserver chaque document ?

DocumentDurée conseilléePourquoi
Bail signé + annexesAu moins 3 ans après la finPrescription des actions (art. 7-1)
Quittances de loyer3 ansPreuve de paiement / d'impayé
Décomptes de charges3 ansContestation de régularisation
États des lieux (entrée/sortie)3 ansLitige sur le dépôt de garantie
DPE10 ansDurée de validité
Justificatifs fiscaux (revenus fonciers)3 ans minimumDroit de reprise de l'administration

Quelle durée pour le DPE et les diagnostics ?

Le diagnostic de performance énergétique obéit à une logique différente de celle des quittances ou des décomptes : ce n'est pas un délai de prescription qui commande sa conservation, mais sa durée de validité. Le DPE est valable dix ans. Tant qu'il reste dans cette période de validité, il doit être conservé et peut être remis au locataire ou annexé à un nouveau bail.

Il est donc prudent de garder le DPE au moins jusqu'à l'expiration de sa validité, puis, comme pour les autres pièces, de conserver l'exemplaire annexé à chaque bail signé tant que des actions liées à ce bail restent possibles. Le DPE remis au locataire fait en effet partie du dossier de la location au même titre que les autres annexes.

Le DPE n'est qu'un des documents du dossier de diagnostic. Pour la liste complète des diagnostics à réunir avant la mise en location et leur durée de validité respective, le guide dédié aux diagnostics obligatoires précise les repères propres à chaque diagnostic, dont certains ont une validité plus courte que celle du DPE.

Que faut-il conserver pour le volet fiscal ?

La location génère des revenus fonciers déclarés à l'administration, ce qui ajoute une dimension fiscale à la conservation des documents. L'administration dispose d'un droit de reprise qui lui permet de rectifier l'imposition : ce droit s'exerce, en principe, jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'imposition est due. Ce délai peut être porté à des durées plus longues, notamment en cas d'activité occulte ou de manquement.

Il est donc conseillé de conserver les justificatifs de revenus fonciers et de charges déductibles au moins trois ans, et idéalement davantage par prudence. Sont concernés les quittances et relevés de loyers encaissés, les factures de travaux déductibles, les justificatifs de charges de copropriété, les primes d'assurance et les intérêts d'emprunt : autant de pièces susceptibles d'être demandées en cas de contrôle.

En pratique, ces justificatifs fiscaux recoupent en grande partie les documents déjà conservés pour la relation locative. Tenir un dossier ordonné par bien et par année facilite à la fois la déclaration des revenus fonciers et la réponse à une éventuelle demande de l'administration.

Peut-on tout jeter à la fin du bail ?

Il n'est pas prudent de détruire l'ensemble du dossier dès le départ du locataire. Une action en paiement d'un impayé, une contestation de charges ou un litige sur le dépôt de garantie peuvent encore être engagés pendant le délai de prescription de trois ans qui suit la fin de la location. Se séparer trop tôt des preuves reviendrait à affaiblir sa position en cas de désaccord ultérieur.

La bonne pratique consiste à conserver l'intégralité du dossier de chaque location au moins trois ans après le départ du locataire : bail signé et annexes, DPE, états des lieux d'entrée et de sortie, quittances, décomptes de charges et correspondances échangées. Le volet fiscal justifie de garder les justificatifs de revenus fonciers sur un horizon comparable, voire supérieur.

Pour les propriétaires qui délèguent la gestion de leur bien, l'archivage et la traçabilité de ces pièces sont pris en charge par le mandataire dans le cadre de la gestion locative : les documents de chaque location sont classés et conservés, ce qui évite au bailleur d'assurer lui-même ce suivi. Au moment de rédiger un nouveau bail, le générateur de bail permet de repartir d'un contrat à jour et de constituer un dossier complet dès la signature.

  • Conserver le bail et ses annexes au moins 3 ans après la fin de la location.
  • Garder quittances, décomptes de charges et états des lieux sur le même horizon de 3 ans.
  • Conserver le DPE tant qu'il est valable (durée de validité de 10 ans).
  • Archiver les justificatifs de revenus fonciers au moins 3 ans, idéalement davantage.
  • Classer le dossier par bien et par année pour la déclaration et un éventuel contrôle.

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Questions fréquentes

Il est conseillé de conserver le bail signé et ses annexes au moins trois ans après la fin de la location. Ce délai correspond à la prescription des actions liées au bail d'habitation prévue par l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989.