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Régularisation des charges locatives : le guide complet

9 min de lectureMis à jour le 04/08/2026

La régularisation des charges locatives est l'opération annuelle par laquelle le bailleur compare les provisions versées par le locataire aux dépenses réelles récupérables justifiées. Si les provisions dépassent les dépenses, le trop-perçu est remboursé au locataire ; si elles sont insuffisantes, un rappel de charges est réclamé. Le bailleur communique un décompte par nature de charges et tient les justificatifs à disposition. Seules les charges listées par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 sont récupérables, et toute action reste bornée par la prescription de trois ans.

Qu'est-ce que la régularisation des charges locatives ?

Sous le régime des provisions sur charges, le locataire verse chaque mois une somme provisionnelle, en plus du loyer, destinée à couvrir les charges récupérables. Cette provision est un simple acompte estimé à l'avance : elle n'est jamais le montant définitif dû. Elle doit donc être ajustée, une fois par an, au coût réel des charges effectivement supportées par le bailleur.

La régularisation des charges est précisément cette opération d'ajustement. Le bailleur additionne les dépenses réelles récupérables de la période, les compare au total des provisions encaissées, puis solde l'écart. Deux issues sont possibles : un remboursement au profit du locataire si les provisions étaient trop élevées, ou un complément à sa charge (le rappel de charges) si elles étaient insuffisantes.

L'article 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 impose que cette régularisation intervienne au moins une fois par an. Elle ne concerne que les charges récupérables limitativement listées par le décret n° 87-713 du 26 août 1987. Toute dépense absente de cette liste reste à la charge du bailleur et ne peut jamais entrer dans le calcul.

Quelles charges sont récupérables, lesquelles ne le sont pas ?

La distinction est déterminante : seules les charges récupérables peuvent être répercutées sur le locataire et donc régularisées. La liste du décret n° 87-713 du 26 août 1987 est limitative, ce qui signifie qu'une dépense qui n'y figure pas ne peut jamais être facturée au locataire, même si le bail le prévoyait.

Le principe directeur : sont récupérables les dépenses liées à l'usage et à l'entretien courant du logement et des parties communes, ainsi que certaines taxes. Restent à la charge du propriétaire les gros travaux, le remplacement des équipements vétustes et les dépenses relevant de sa qualité de propriétaire.

Principaux postes récupérables et non récupérables

Charges récupérables sur le locataireCharges non récupérables (bailleur)
Eau froide et eau chaude des occupantsGros travaux et grosses réparations (art. 606 du code civil)
Chauffage collectif : combustible et énergieRemplacement d'équipements vétustes (chaudière, ascenseur)
Ascenseur : entretien courant et électricitéHonoraires de gestion ou de syndic pour le compte du propriétaire
Entretien des parties communes : produits, électricité, personnelTaxe foncière
Entretien des espaces extérieurs et espaces vertsContrôle technique quinquennal de l'ascenseur
Taxe ou redevance d'enlèvement des ordures ménagèresAssurance de l'immeuble souscrite par le propriétaire

Comment calculer la régularisation ? Exemple chiffré

Le calcul repose sur une comparaison simple : d'un côté le total des provisions versées sur l'année, de l'autre le total des dépenses réelles récupérables justifiées. La différence entre les deux détermine le solde. Voici un exemple pédagogique entièrement calculé (les montants ne sont donnés qu'à titre d'illustration et ne constituent pas des valeurs officielles).

Prenons un locataire versant une provision de 90 € par mois, soit 1 080 € encaissés sur l'année. À la clôture, le bailleur récapitule les dépenses réelles récupérables poste par poste, sur la base des factures conservées.

  • Dépenses réelles justifiées (1 370 €) supérieures aux provisions (1 080 €) : le locataire doit un complément de 290 €.
  • Si les provisions avaient été de 120 € par mois (1 440 € encaissés), le bailleur aurait au contraire remboursé un trop-perçu de 70 € (1 440 € - 1 370 €).
  • Le solde à réclamer ou à rembourser porte uniquement sur des charges récupérables du décret et effectivement justifiées.

Exemple : décompte annuel des charges récupérables

Poste de charge récupérableDépense réelle justifiée
Eau froide et eau chaude420 €
Chauffage collectif380 €
Ascenseur (entretien + électricité)160 €
Entretien des parties communes210 €
Électricité des parties communes70 €
Redevance d'enlèvement des ordures ménagères130 €
Total des dépenses réelles récupérables1 370 €
Total des provisions encaissées (90 € x 12)1 080 €
Solde : rappel de charges dû par le locataire290 €

Comment se déroule la procédure, étape par étape ?

La régularisation suit toujours la même logique : rassembler les justificatifs, isoler la part récupérable, comparer aux provisions, puis informer le locataire dans les formes. L'article 23 de la loi du 6 juillet 1989 encadre ces obligations d'information, dont le non-respect peut fragiliser le rappel réclamé.

  • Collecter les dépenses : rassembler l'ensemble des factures et relevés de l'exercice concerné.
  • Trier : isoler la seule part récupérable listée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987.
  • Comparer : confronter le total des provisions encaissées au total des dépenses réelles récupérables.
  • Communiquer le décompte : un mois avant la régularisation, adresser au locataire le décompte par nature de charges, avec le mode de répartition entre les logements lorsqu'il s'agit d'un immeuble collectif.
  • Tenir les justificatifs à disposition : pendant six mois à compter de l'envoi du décompte, le bailleur met les pièces justificatives à la disposition du locataire pour vérification.
  • Solder : rembourser le trop-perçu ou réclamer le complément dû ; en cas de régularisation tardive, le locataire peut demander un paiement échelonné.

Quel délai et quelle prescription pour un rappel de charges ?

La régularisation doit intervenir au moins une fois par an, mais un bailleur qui a pris du retard n'est pas privé de tout recours : il peut réclamer un rappel de charges sur les exercices non régularisés, dans la limite de la prescription. L'article 7-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 fixe cette prescription à trois ans pour les actions dérivant du contrat de bail, dont la révision du loyer et la régularisation des charges.

Concrètement, un rappel de charges ne peut donc pas porter au-delà de trois ans : au moment de la demande, seules les charges des trois dernières années sont récupérables. Cette prescription joue dans les deux sens : le locataire dispose du même délai de trois ans pour réclamer le remboursement d'un trop-perçu ou d'une régularisation qui n'a jamais eu lieu.

En pratique, régulariser chaque année évite l'accumulation de retards et les rappels portant sur plusieurs exercices, souvent mal vécus par le locataire. Un suivi annuel régulier, mené en direct ou confié en gestion locative à AD Gestion (6,5 % TTC), tient les comptes à jour et prévient toute difficulté liée à la prescription.

À quoi ressemble un bon décompte de charges (modèle) ?

Le décompte par nature de charges est le document central de la régularisation : c'est lui qui permet au locataire de comprendre et de vérifier le montant demandé ou remboursé. Il n'existe pas de formulaire officiel imposé, mais un décompte clair et complet limite fortement les contestations. Voici les éléments qu'un modèle de décompte de charges doit systématiquement contenir.

Un décompte bien construit prend la forme d'un tableau lisible, poste par poste, faisant apparaître à la fois la dépense totale de l'immeuble et la quote-part imputée au logement, puis le rapprochement avec les provisions versées. Vous pouvez reprendre la structure du tableau chiffré présenté plus haut comme trame.

  • L'identité des parties, l'adresse du logement et la période exacte couverte par la régularisation.
  • Le détail des charges par nature (eau, chauffage, ascenseur, parties communes, ordures ménagères...).
  • Le mode de répartition retenu entre les logements (tantièmes, surface, nombre d'occupants).
  • Le total des dépenses réelles récupérables et le total des provisions encaissées sur la période.
  • Le solde final : trop-perçu à rembourser ou complément à régler par le locataire.
  • La mention que les justificatifs sont tenus à sa disposition pendant six mois.

Provision ou forfait : quelle différence pour la régularisation ?

Tout ce qui précède concerne le régime des provisions sur charges, le seul qui donne lieu à régularisation. En location meublée, l'article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 autorise un régime alternatif : le forfait de charges. Son montant est fixé une fois pour toutes dans le bail et n'est jamais ajusté aux dépenses réelles : il n'y a donc ni décompte, ni régularisation, ni remboursement, ni rappel possible.

Le choix entre provision et forfait a des conséquences directes sur la gestion et sur le locataire. Pour un comparatif détaillé des deux régimes, consultez notre guide dédié : charges locatives, provision ou forfait. Pour comprendre l'articulation avec les charges de copropriété, voir aussi quelles charges de copropriété sont récupérables.

Quel que soit le régime, une comptabilité locative tenue au fil de l'eau facilite la régularisation. Émettre systématiquement des quittances de loyer détaillant loyer et charges, et partir d'un bail clair — vous pouvez générer un bail conforme gratuitement — sont les meilleures bases pour une régularisation sans litige.

Que faire en cas de litige sur la régularisation ?

Les désaccords portent le plus souvent sur la nature des charges répercutées ou sur l'absence de justificatifs. Le premier réflexe est de reprendre le décompte poste par poste et de vérifier, pour chaque ligne, le caractère récupérable de la dépense au regard du décret n° 87-713 et la présence de la pièce correspondante. Une dépense hors liste doit être retirée du calcul.

Le locataire dispose de six mois après l'envoi du décompte pour consulter les justificatifs et exercer ce contrôle. En cas de blocage persistant, la voie amiable prime : lettre recommandée motivée, puis saisine gratuite de la commission départementale de conciliation. Le juge peut par ailleurs écarter un rappel jugé déloyal lorsqu'il résulte d'un manquement du bailleur.

Un dossier documenté — décompte clair, factures conservées, provisions traçables — reste la meilleure protection. Lorsque la gestion est déléguée à un professionnel, celui-ci assure ce suivi et le dialogue avec le locataire ; pour un accompagnement complet, il est possible de se tourner vers AD Gestion.

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Questions fréquentes

La régularisation des charges est au minimum annuelle. Chaque année, le bailleur compare les provisions encaissées aux dépenses réelles récupérables justifiées et solde l'écart par un remboursement ou un rappel de charges.