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Loyer & argent

Charges locatives : provision ou forfait ?

7 min de lectureMis à jour le 23/07/2026

Les charges locatives récupérables sont les dépenses payées par le bailleur qu'il peut récupérer auprès du locataire, dans la liste fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987. Elles peuvent être versées sous forme de provisions mensuelles régularisées chaque année sur justificatifs, ou, en location meublée seulement, sous forme d'un forfait non soumis à régularisation. Le choix du régime détermine les obligations de justification du bailleur.

Qu'est-ce qu'une charge récupérable ?

Les charges locatives, ou charges récupérables, sont des dépenses initialement réglées par le bailleur mais dont il peut demander le remboursement au locataire. Elles correspondent à des services et prestations dont le locataire profite directement : entretien des parties communes, consommations d'eau, taxes locatives, fonctionnement des équipements collectifs.

La liste des charges récupérables est limitativement fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987. Une dépense qui n'y figure pas ne peut pas être mise à la charge du locataire : elle reste supportée par le bailleur. Cette liste s'applique à l'ensemble des locations relevant de la loi du 6 juillet 1989.

Les charges viennent s'ajouter au loyer nu. Elles doivent être distinguées du loyer principal dans le contrat et dans la quittance, notamment parce que le montant du dépôt de garantie et les plafonds légaux se calculent sur le loyer hors charges.

Le régime des provisions avec régularisation

Le régime de droit commun est celui des provisions pour charges. Le locataire verse chaque mois une somme provisionnelle, estimée à partir des dépenses prévisibles ou des résultats de l'année précédente. Cette provision est un acompte et non un montant définitif.

Une fois par an, le bailleur procède à la régularisation des charges. Il compare le total des provisions encaissées aux dépenses réelles justifiées. Si les provisions dépassent les dépenses, il rembourse le trop-perçu au locataire ; si elles sont insuffisantes, il réclame le complément. La régularisation ajuste donc les versements au coût réel des charges.

Un mois avant la régularisation, le bailleur tient à la disposition du locataire le décompte des charges par nature ainsi que les justificatifs correspondants. Cette obligation de mise à disposition permet au locataire de vérifier le bien-fondé des sommes demandées.

Le forfait de charges en location meublée

En location meublée, le bailleur peut opter pour un forfait de charges au lieu de provisions. Ce régime est prévu par l'article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 et réservé aux logements meublés. Le forfait est une somme fixe versée avec le loyer, dont le montant est prévu au contrat.

Le forfait de charges n'est soumis ni à régularisation ni à complément. Le bailleur ne peut pas réclamer de somme supplémentaire si les dépenses réelles dépassent le forfait, et le locataire ne peut pas exiger de remboursement si elles sont inférieures. En contrepartie de cette simplicité, aucune justification annuelle des dépenses n'est due.

Le forfait de charges est révisé dans les mêmes conditions que le loyer, c'est-à-dire selon l'indice de référence des loyers (IRL) publié par l'INSEE. Son montant ne doit pas être manifestement disproportionné par rapport aux charges réellement exposées.

Provisions sur charges et forfait de charges

CritèreProvisions sur chargesForfait de charges
Types de locationVide et meubléeMeublée uniquement
Régularisation annuelleOui, sur dépenses réellesNon
Complément ou remboursementPossible selon les dépensesAucun
Justificatifs à fournirDécompte et pièces à dispositionNon exigés
RévisionAjustée par la régularisationComme le loyer (IRL INSEE)

Liste indicative des charges récupérables

Le décret n° 87-713 détaille les catégories de dépenses que le bailleur peut récupérer. Elles concernent principalement les services liés au logement et à l'immeuble, l'entretien courant des parties communes et des équipements, ainsi que certaines taxes correspondant à des services.

Les éléments ci-dessous illustrent, à titre indicatif, les grandes catégories visées par le décret. Seules les dépenses figurant dans le texte réglementaire peuvent être répercutées, dans les conditions et limites qu'il prévoit.

  • Eau froide, eau chaude et chauffage collectif des parties privatives et communes.
  • Entretien courant des parties communes intérieures (nettoyage, électricité, menu entretien).
  • Entretien des espaces extérieurs et des espaces verts.
  • Fonctionnement et entretien courant des ascenseurs et équipements collectifs.
  • Élimination des déchets, dont la taxe d'enlèvement des ordures ménagères.
  • Dépenses de personnel d'entretien, dans les conditions fixées par le décret.

Justificatifs et contrôle du locataire

Sous le régime des provisions, le locataire a le droit de vérifier les charges qui lui sont demandées. Le bailleur doit lui communiquer le décompte par nature de charges et, un mois avant la régularisation, tenir à sa disposition les pièces justificatives des dépenses.

Ce droit de regard n'existe pas sous le régime du forfait, précisément parce que le montant est fixé à l'avance et n'est pas ajusté aux dépenses réelles. Le locataire connaît dès la signature la somme qu'il versera, sans décompte annuel. Le choix entre provisions et forfait a donc des conséquences directes sur la transparence et sur les obligations respectives des parties.

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Questions fréquentes

Les provisions sont des acomptes mensuels régularisés chaque année selon les dépenses réelles. Le forfait est une somme fixe, réservée au meublé, sans régularisation ni complément.