À l'échéance du bail, si aucune des parties n'a donné congé dans les formes et les délais prévus, le contrat ne s'arrête pas : il se reconduit ou se renouvelle tacitement pour une durée équivalente, aux mêmes conditions, en application de l'article 10 de la loi du 6 juillet 1989. Le bailleur qui estime le loyer manifestement sous-évalué peut, lui, proposer un renouvellement avec un loyer réévalué en respectant un préavis de six mois avant le terme et en justifiant sa demande par des références de loyers du voisinage. En cas de désaccord, la commission départementale de conciliation puis le juge peuvent être saisis.
Reconduction tacite ou renouvellement : quelle différence
Au terme d'un bail d'habitation, deux mécanismes très proches peuvent jouer. La reconduction tacite intervient automatiquement lorsque personne ne manifeste sa volonté de faire évoluer le contrat : le bail se poursuit sans qu'aucun document ne soit signé. Le renouvellement, lui, suppose qu'une partie prenne l'initiative de proposer de nouvelles conditions, le plus souvent un loyer réévalué, avant que le contrat ne se poursuive.
Dans les deux cas, le fondement est le même : l'article 10 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. À défaut de congé délivré dans les formes et les délais, le bail se reconduit ou se renouvelle pour une durée équivalente à celle du contrat initial, aux mêmes conditions.
Concrètement, un bail vide se reconduit par périodes de trois ans lorsque le bailleur est une personne physique ou une société civile immobilière familiale, et par périodes de six ans lorsque le bailleur est une personne morale. Un bail meublé se reconduit par périodes d'un an. Le bail étudiant de neuf mois fait exception : il ne se reconduit pas tacitement.
Ce que la reconduction ne change pas
La reconduction tacite reprend l'intégralité des clauses du contrat initial : montant du loyer, répartition des charges, obligations de chacun, clauses particulières. Aucune de ces conditions n'est modifiée du seul fait de la reconduction. Le loyer continue d'être révisé, le cas échéant, selon la clause d'indexation annuelle prévue au bail, sans lien avec l'échéance du contrat.
Si vous souhaitez modifier une clause d'un bail qui se poursuit sans le résilier, l'outil adapté est l'avenant, signé des deux parties. La reconduction, à elle seule, ne permet pas d'imposer un changement à l'autre partie.
Pour distinguer la révision annuelle du loyer, encadrée par l'indice de référence des loyers, de la réévaluation exceptionnelle possible à l'échéance, vous pouvez consulter notre guide dédié sur la révision du loyer selon l'IRL.
Réévaluer un loyer manifestement sous-évalué
Le bailleur qui estime que le loyer est manifestement sous-évalué peut proposer un renouvellement du bail assorti d'un loyer réévalué, sur le fondement de l'article 17-2 de la loi du 6 juillet 1989. Cette possibilité est encadrée : elle ne permet pas d'augmenter librement le loyer, mais de le rapprocher des loyers pratiqués dans le voisinage pour des logements comparables.
La proposition doit être notifiée au locataire au moins six mois avant le terme du bail, par lettre recommandée avec avis de réception, par acte de commissaire de justice ou par remise en main propre contre récépissé. Elle doit être justifiée par des références de loyers du voisinage, dont le nombre minimal dépend de la taille de l'agglomération concernée ; ces références doivent être précises et vérifiables.
Dans les communes situées en zone d'encadrement des loyers, des règles supplémentaires peuvent limiter cette réévaluation. Il est prudent de vérifier le régime applicable à la commune avant d'engager la démarche.
Désaccord sur le loyer : conciliation puis juge
Le locataire n'est pas tenu d'accepter la proposition de loyer réévalué. Plusieurs situations peuvent se présenter à l'issue du délai : il accepte, il refuse, ou il ne répond pas. En cas de désaccord ou d'absence de réponse, le bailleur ou le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation.
Cette commission, gratuite, réunit des représentants des bailleurs et des locataires. Elle examine le caractère sous-évalué du loyer et les références produites, puis tente de rapprocher les positions. Elle rend un avis, mais ne tranche pas de manière contraignante.
Si la conciliation échoue, le juge des contentieux de la protection peut être saisi pour fixer le loyer du bail renouvelé. Tant que le litige n'est pas tranché, le bail se poursuit aux conditions antérieures. Pour préparer un dossier locatif solide en amont, notre guide sur le générateur de bail et les pièces à réunir peut être utile ; rappelons que le générateur produit le bail seul, sans les annexes obligatoires que peut prendre en charge AD Gestion.
Renouvellement et fin de bail : bien anticiper l'échéance
L'échéance du bail est un moment charnière : c'est la seule période où le bailleur peut, sous conditions, donner congé pour vente ou pour reprise, ou proposer une réévaluation du loyer. Le locataire, de son côté, peut partir à tout moment moyennant préavis, sans attendre le terme. Bien identifier la date d'échéance exacte est donc essentiel pour connaître ses marges de manœuvre.
Si le bailleur laisse passer le délai de six mois sans donner congé ni proposer de nouvelles conditions, le bail se reconduit automatiquement pour une nouvelle période complète. Il devra alors patienter jusqu'à l'échéance suivante pour envisager un congé ou une réévaluation. Pour maîtriser ces délais, consultez notre guide sur la durée du bail et les préavis.
La gestion de ces échéances, le calcul des dates et la conformité des courriers de congé demandent de la rigueur. Un propriétaire qui souhaite déléguer ce suivi peut s'appuyer sur un professionnel : AD Gestion accompagne les bailleurs dans la gestion locative et le respect des échéances contractuelles. Pour la gestion d'un immeuble en copropriété, AD Syndic intervient sur le volet syndic.
Tableau récapitulatif des durées de reconduction
Le tableau ci-dessous synthétise les durées de reconduction et les principaux délais à connaître à l'échéance d'un bail d'habitation, tels qu'ils résultent de la loi du 6 juillet 1989.
Reconduction et renouvellement selon le type de bail
| Type de bail | Durée de reconduction | Point de vigilance à l'échéance |
|---|---|---|
| Bail vide, bailleur personne physique ou SCI familiale | 3 ans | Congé du bailleur ou réévaluation à notifier 6 mois avant le terme |
| Bail vide, bailleur personne morale | 6 ans | Congé du bailleur ou réévaluation à notifier 6 mois avant le terme |
| Bail meublé | 1 an | Congé du bailleur à notifier 3 mois avant le terme |
| Bail meublé étudiant (9 mois) | Pas de reconduction tacite | Nouveau contrat nécessaire pour rester dans les lieux |
Passez à la pratique
Générez gratuitement un modèle de bail reprenant ces règles — à relire et adapter à votre situation.
Créer mon bail