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Sécuriser & rénover

Rénover une passoire thermique avant de louer

8 min de lectureMis à jour le 23/07/2026

Une passoire thermique est un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE). Depuis le 24 août 2022, le loyer de ces logements est gelé, et leur mise en location est progressivement interdite : la classe G depuis le 1er janvier 2025, la classe F au 1er janvier 2028 et la classe E au 1er janvier 2034 en métropole. Rénover avant de louer permet de rester en conformité, de préserver la valeur du bien et d'améliorer son attractivité.

Passoire thermique : de quoi parle-t-on ?

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) classe les logements de A, pour les plus performants, à G, pour les plus énergivores. On qualifie de passoires thermiques les logements classés F ou G, qui consomment beaucoup d'énergie et offrent un confort dégradé, notamment en hiver.

Ces logements sont désormais au cœur de la réglementation issue de la loi Climat et Résilience (loi n° 2021-1104 du 22 août 2021), qui organise leur sortie progressive du marché locatif. Un logement décent doit par ailleurs respecter un critère de performance énergétique minimal fixé par le décret décence.

Pour un bailleur, connaître la classe énergétique de son bien est la première étape avant toute mise en location. C'est elle qui détermine les obligations applicables et le calendrier à respecter. Une bonne gestion locative intègre cette dimension énergétique dès la préparation du logement.

Le calendrier des interdictions de location

La réglementation prévoit un durcissement progressif. Depuis le 1er janvier 2023, les logements dont la consommation dépasse le seuil de 450 kWh/m²/an d'énergie finale sont interdits à la location en métropole. Ce seuil vise les logements les plus énergivores.

Le calendrier se poursuit par classe énergétique : la classe G est interdite à la mise en location depuis le 1er janvier 2025, la classe F le sera au 1er janvier 2028 et la classe E au 1er janvier 2034 en métropole. Ces échéances concernent la mise en location : elles interdisent progressivement de proposer ces logements à de nouveaux locataires.

À cela s'ajoute le gel des loyers : depuis le 24 août 2022, le loyer d'un logement classé F ou G ne peut plus être augmenté, y compris lors de la révision annuelle ou d'une relocation. Anticiper les travaux permet donc à la fois de lever le gel et de préparer les échéances futures.

Calendrier des restrictions en métropole

DateMesure
24 août 2022Gel du loyer des logements classés F et G
1er janvier 2023Interdiction de louer au-delà de 450 kWh/m²/an (énergie finale)
1er janvier 2025Interdiction de mise en location des logements classés G
1er janvier 2028Interdiction de mise en location des logements classés F
1er janvier 2034Interdiction de mise en location des logements classés E

L'audit énergétique : le point de départ

Avant d'engager des travaux, il est vivement recommandé de réaliser un audit énergétique. Contrairement au DPE, qui établit un simple classement, l'audit dresse un état détaillé du logement et propose un ou plusieurs scénarios de travaux hiérarchisés pour améliorer la performance énergétique.

L'audit permet d'éviter les erreurs coûteuses : engager des travaux dans le désordre ou négliger un poste majeur peut limiter le gain de classe. Il oriente les investissements vers les postes les plus efficaces et aide à viser un saut de classe suffisant pour sortir du statut de passoire thermique.

Cette étape de diagnostic est aussi l'occasion d'estimer le budget et de planifier les travaux dans le temps. Un accompagnement spécialisé en rénovation énergétique avec AD Renov aide à traduire les préconisations de l'audit en un plan de travaux concret et priorisé.

Les travaux à envisager

Les travaux de rénovation énergétique se regroupent en plusieurs familles complémentaires. La priorité va généralement à l'isolation de l'enveloppe du bâtiment : murs, toiture ou combles, planchers bas et remplacement des menuiseries. Réduire les déperditions de chaleur est souvent le levier le plus efficace pour gagner en performance.

Vient ensuite le chauffage : remplacer un système ancien et énergivore par un équipement plus performant améliore sensiblement la classe énergétique et le confort. La ventilation complète le dispositif en assurant le renouvellement de l'air et en évitant les problèmes d'humidité, sans gaspiller la chaleur produite.

L'ordre et la combinaison de ces travaux dépendent du logement et des conclusions de l'audit. Une approche globale, plutôt qu'une succession de gestes isolés, permet d'atteindre un saut de classe significatif et de pérenniser la mise en location du bien.

Familles de travaux et objectifs

Poste de travauxObjectif principal
Isolation des murs, toiture et planchersRéduire les déperditions de chaleur
Remplacement des menuiseriesLimiter les ponts thermiques et les infiltrations d'air
Système de chauffageAméliorer le rendement et la classe énergétique
VentilationRenouveler l'air et maîtriser l'humidité

Les aides à la rénovation énergétique

Plusieurs dispositifs publics soutiennent les travaux de rénovation énergétique. Parmi les aides existantes figurent notamment MaPrimeRénov', l'éco-prêt à taux zéro, la TVA réduite sur certains travaux et les aides des collectivités locales. Leurs conditions et leurs montants évoluent régulièrement.

Ces aides peuvent, selon les cas, se combiner pour réduire le reste à charge du bailleur. Les critères d'éligibilité dépendent souvent de la nature des travaux, du recours à des professionnels qualifiés et des performances atteintes. Pour connaître les montants et les conditions à jour, il convient de se renseigner auprès du service public France Rénov', guichet officiel de la rénovation de l'habitat.

Bien mobilisées, ces aides améliorent la rentabilité de l'opération et raccourcissent le délai d'amortissement des travaux, tout en mettant le logement en conformité avec le calendrier réglementaire.

Rénover pour valoriser et louer sereinement

Au-delà de la mise en conformité, la rénovation énergétique valorise le patrimoine. Un logement mieux classé se loue plus facilement, attire des candidats de qualité et se distingue sur un marché où la performance énergétique pèse de plus en plus dans le choix des locataires.

Un bien rénové offre aussi un meilleur confort, ce qui favorise la stabilité du locataire et réduit la vacance. Sur le long terme, un logement performant échappe aux restrictions de location et conserve mieux sa valeur, là où une passoire thermique risque de sortir progressivement du marché.

Coupler la rénovation à une gestion locative et une sécurisation des loyers permet d'aborder la mise en location dans les meilleures conditions : un logement conforme, attractif et protégé contre les aléas locatifs.

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Questions fréquentes

Une passoire thermique est un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE). Ces logements consomment beaucoup d'énergie et font l'objet de restrictions croissantes en matière de location.