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Le contrat de bail

Rédiger un bail de location conforme en 2026 : le guide complet

9 min de lectureMis à jour le

Un bail de location conforme en 2026 doit respecter la loi n° 89‑462 du 6 juillet 1989 et reprendre le contrat type fixé par le décret n° 2015‑587 du 29 mai 2015. Il doit être écrit, mentionner les parties, le logement, le loyer, la durée et le dépôt de garantie, puis intégrer les annexes obligatoires (notice d’information, diagnostics dont le DPE, état des lieux). La durée est de 3 ans pour un logement vide et 1 an pour un meublé, et un logement classé G au DPE ne peut plus être mis en location depuis le 1er janvier 2025.

Relu par un professionnel de la gestion locative.

Mis à jour le 24 juillet 2026.

Sources officielles citées en bas de page.

Sommaire

À quoi sert un bail écrit et pourquoi il vous protège

Le bail, ou contrat de location, est l’acte qui organise la relation entre le bailleur et le locataire. Depuis la loi ALUR (loi n° 2014‑366 du 24 mars 2014), il ne s’agit plus d’un document libre : le législateur a imposé un contrat type dont le contenu minimal est encadré. L’objectif est double : garantir l’équilibre entre les parties et sécuriser juridiquement le propriétaire.

Un bail écrit et complet vous protège concrètement :

Un bail incomplet ou non conforme expose le bailleur à des contestations, à la régularisation forcée de certaines clauses, voire à la neutralisation de clauses jugées abusives. Rédiger correctement le contrat dès le départ reste le meilleur investissement de temps d’une mise en location. Vous pouvez générer un modèle au format de la loi ALUR directement depuis notre générateur de bail, puis l’adapter à votre situation.

  • Il fixe la preuve du loyer, de sa date de départ et des conditions de révision.
  • Il délimite les obligations de chacun (entretien, réparations, assurances).
  • Il conditionne certaines actions : sans état des lieux d’entrée annexé, il devient difficile de justifier une retenue sur le dépôt de garantie à la sortie.
  • Il encadre le congé et les préavis, points sur lesquels naissent la majorité des litiges.

Bail vide ou bail meublé : bien choisir le régime

Le premier arbitrage consiste à déterminer si le logement est loué vide (location nue) ou meublé. Ce choix conditionne la durée du bail, le montant du dépôt de garantie et les préavis. Un logement meublé doit comporter les équipements permettant au locataire d’y vivre immédiatement (literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, etc.), listés dans un inventaire annexé.

Le régime meublé offre plus de souplesse dans la durée, mais impose des contraintes matérielles (ameublement complet, inventaire détaillé). Le régime vide, plus stable, sécurise davantage la durée d’occupation. Le choix a aussi des conséquences fiscales : pour arbitrer entre revenus fonciers et régime des locations meublées, notre simulateur de fiscalité immobilière permet de comparer les scénarios.

Location vide et location meublée : les différences clés

CritèreLocation videLocation meublée
Durée du bail3 ans (6 ans si bailleur personne morale)1 an (9 mois pour un étudiant)
Dépôt de garantie1 mois de loyer hors charges2 mois de loyer hors charges
Préavis du locataire3 mois (1 mois en zone tendue ou motifs légaux)1 mois
Contrat typeDécret n° 2015‑587 du 29 mai 2015Décret n° 2015‑587 du 29 mai 2015

Les mentions obligatoires du contrat type

Le contrat type issu du décret n° 2015‑587 du 29 mai 2015 fixe la liste des informations qui doivent figurer dans le bail. Un contrat qui en omet certaines n’est pas conforme au modèle légal.

Les parties et le logement :

Les conditions financières :

Les informations complémentaires :

  • Identité et domicile du bailleur (ou de son mandataire) et du ou des locataires.
  • Date de prise d’effet et durée du bail.
  • Consistance et destination du logement (habitation, ou usage mixte).
  • Surface habitable et nombre de pièces principales.
  • Description des locaux, équipements privatifs et parties communes accessibles.
  • Montant du loyer, ses modalités de paiement et ses règles de révision.
  • Le cas échéant, le montant et la date de versement du dernier loyer appliqué au locataire précédent.
  • Montant des provisions ou du forfait de charges.
  • Montant du dépôt de garantie.
  • En zone soumise à l’encadrement des loyers, le loyer de référence et le loyer de référence majoré applicables.
  • Le montant et la nature des travaux effectués depuis le dernier bail, le cas échéant.
  • Les honoraires de mise en location à la charge de chacune des parties.

Durée du bail, congé et préavis

La durée est une mention d’ordre public : elle ne peut être réduite en dessous des minima légaux. En location vide, le bail est conclu pour 3 ans lorsque le bailleur est un particulier, et 6 ans lorsque le bailleur est une personne morale (société, par exemple). En location meublée, la durée est de 1 an, réduite à 9 mois pour un bail étudiant, non reconductible tacitement.

Le préavis, c’est-à-dire le délai à respecter avant de quitter le logement ou d’y mettre fin, diffère selon la partie qui donne congé :

Le locataire peut donner congé à tout moment ; le bailleur, uniquement à l’échéance. Cette asymétrie est un principe protecteur de la loi de 1989 qu’il faut intégrer dès la rédaction du contrat.

  • Locataire, logement vide : 3 mois, réduit à 1 mois en zone tendue ou pour certains motifs légaux (mutation, perte d’emploi, état de santé, premier emploi, bénéfice du RSA ou de l’AAH).
  • Locataire, logement meublé : 1 mois en toutes circonstances.
  • Bailleur : le congé ne peut être donné qu’à l’échéance du bail, avec un préavis renforcé et pour un motif légitime (reprise, vente ou motif sérieux).

Loyer, charges et révision selon l’IRL

Le montant du loyer est libre à la mise en location, sauf dans les communes appliquant l’encadrement des loyers, où il ne peut dépasser le loyer de référence majoré. La révision du loyer, en cours de bail, obéit en revanche à une règle stricte fixée par l’article 17‑1 de la loi de 1989.

Pour réviser le loyer, trois conditions cumulatives :

La formule usuelle est la suivante :

Attention : pour un logement classé F ou G au DPE, le loyer est gelé depuis le 24 août 2022. La révision annuelle par l’IRL ne peut donc pas s’y appliquer tant que le classement énergétique n’est pas amélioré (voir plus loin).

  • Une clause de révision doit être prévue dans le bail.
  • La révision intervient une fois par an, à la date convenue.
  • Elle se calcule à partir de l’indice de référence des loyers (IRL) publié par l’INSEE.

Le calcul de la révision du loyer selon l’IRL

ÉlémentDétail
Loyer réviséLoyer en cours × (nouvel IRL ÷ IRL de référence)
IRL de référenceL’indice du trimestre prévu au bail (ou du dernier trimestre connu)
FréquenceUne seule révision par an
RétroactivitéAucune : le bailleur qui oublie de réviser ne peut pas rattraper l’arriéré au-delà des limites légales

Le dépôt de garantie : montant, encaissement, restitution

Le dépôt de garantie couvre les éventuels manquements du locataire (loyers impayés, dégradations). Son montant est plafonné : il ne peut excéder 1 mois de loyer hors charges en location vide et 2 mois de loyer hors charges en location meublée. Il est versé à la signature et ne peut être révisé en cours de bail.

Points de vigilance pour le bailleur :

C’est ici que l’état des lieux joue un rôle central : sans document d’entrée précis et contradictoire, la retenue devient contestable. Nous détaillons la méthode dans notre guide dédié, et vous pouvez générer un document conforme avec EtatDesLieuxPDF.

  • Le dépôt ne doit pas être confondu avec le premier loyer : il figure sur une ligne distincte du bail.
  • Sa restitution intervient dans un délai légal après la remise des clés, déduction faite des sommes dûment justifiées.
  • Toute retenue doit s’appuyer sur des justificatifs (devis, factures) et sur la comparaison entre l’état des lieux d’entrée et de sortie.

Les annexes obligatoires du bail

Un bail conforme n’est complet qu’accompagné de ses annexes. Leur absence peut fragiliser le contrat et, pour certains diagnostics, engager la responsabilité du bailleur. La notice d’information est elle‑même encadrée par l’arrêté du 29 mai 2015.

Pour un logement en copropriété, la transmission de l’extrait du règlement suppose de disposer des bons documents ; un syndic de copropriété peut les fournir rapidement. Et si la constitution du dossier et la gestion des annexes vous semblent chronophages, la gestion locative déléguée prend en charge l’ensemble de la contractualisation.

Les annexes à joindre au bail selon le logement

AnnexeObjetConcerne
Notice d’informationDroits et obligations des parties (arrêté du 29 mai 2015)Vide et meublé
Dossier de diagnostic technique (DDT)DPE, constat de risque d’exposition au plomb, état des risques (ERP), diagnostics électricité et gazSelon l’âge et la nature du logement
État des lieuxConstat contradictoire d’entrée et de sortieVide et meublé
Extrait du règlement de copropriétéParties communes, destination de l’immeuble, jouissanceLogement en copropriété
Acte de cautionnementEngagement de la caution, le cas échéantSi garant
Inventaire du mobilierListe détaillée des meubles et équipementsMeublé uniquement

DPE et passoires thermiques : le calendrier à connaître

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) n’est plus une simple information : il conditionne désormais le droit de louer. Les logements les plus énergivores, dits « passoires thermiques » (classes F et G), font l’objet d’un calendrier d’interdictions progressives.

Concrètement, avant de rédiger un bail en 2026, vérifiez le classement énergétique du logement. Un bien classé G ne peut plus être proposé à la location ; un bien F peut encore l’être mais avec un loyer gelé, et sera interdit à la location à compter du 1er janvier 2028. Anticiper les travaux de rénovation énergétique devient une condition de la mise en location durable.

Le calendrier d’interdiction de location des passoires thermiques

ÉchéanceMesure
Depuis le 24 août 2022Loyer gelé pour les logements classés F et G
Depuis le 1er janvier 2025Interdiction de mettre en location les logements classés G
Au 1er janvier 2028Interdiction de mise en location des logements classés F
Au 1er janvier 2034Interdiction de mise en location des logements classés E

Les erreurs fréquentes à éviter

Même avec un modèle au format de la loi ALUR, certaines erreurs reviennent régulièrement :

La règle d’or : partir d’un modèle à jour, vérifier chaque montant à partir de sources officielles, et ne jamais improviser une clause financière. Les chiffres évoluant, vérifiez toujours les seuils et indices en vigueur au moment de la signature.

  • Oublier une annexe (notice, DPE, état des lieux) : le dossier est alors incomplet.
  • Confondre dépôt de garantie et premier loyer, ou dépasser le plafond légal.
  • Insérer des clauses réputées non écrites : interdiction de recevoir de la famille, imputation au locataire de réparations relevant du bailleur, sanctions pécuniaires automatiques.
  • Négliger la clause de révision : sans clause, pas de révision possible ; mal rédigée, elle est inopérante.
  • Réviser un loyer gelé sur un logement classé F ou G.
  • Reprendre un ancien modèle de bail antérieur au décret de 2015, non conforme au contrat type.
  • Bâcler l’état des lieux d’entrée, ce qui rend toute retenue difficile à justifier à la sortie.

Questions fréquentes

Un bail de location doit-il obligatoirement être écrit ?
Oui. La loi impose un contrat écrit établi selon le contrat type du décret n° 2015‑587 du 29 mai 2015. L’écrit sécurise les deux parties et conditionne l’application de nombreuses règles, notamment la retenue sur dépôt de garantie et la révision du loyer.
Quelle est la durée minimale d’un bail en 2026 ?
Pour un logement vide, la durée est de 3 ans lorsque le bailleur est un particulier et de 6 ans lorsqu’il s’agit d’une personne morale. Pour un logement meublé, elle est de 1 an, ramenée à 9 mois pour un bail étudiant non reconductible tacitement.
Quel est le montant maximal du dépôt de garantie ?
Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour une location vide et à 2 mois de loyer hors charges pour une location meublée. Il est versé à la signature et ne peut pas être révisé en cours de bail.
Comment réviser le loyer en cours de bail ?
La révision suppose une clause de révision dans le bail. Elle intervient une fois par an, à la date prévue, et se calcule à partir de l’indice de référence des loyers (IRL) publié par l’INSEE (article 17‑1 de la loi de 1989). Pour un logement classé F ou G, le loyer est gelé depuis le 24 août 2022.
Peut‑on encore louer un logement classé G au DPE ?
Non. Depuis le 1er janvier 2025, la mise en location des logements classés G est interdite. Les logements classés F seront interdits à la location au 1er janvier 2028, et les logements classés E au 1er janvier 2034. Vérifiez le DPE avant toute mise en location.
Quelles annexes doivent accompagner le bail ?
Le bail doit être accompagné de la notice d’information (arrêté du 29 mai 2015), du dossier de diagnostic technique (DPE, plomb, état des risques, diagnostics électricité et gaz), de l’état des lieux, de l’extrait du règlement de copropriété le cas échéant, de l’acte de cautionnement s’il existe une caution, et de l’inventaire du mobilier pour un meublé.

Sources officielles

  1. Loi n° 89‑462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs — Légifrance (nouvelle fenêtre)
  2. Loi n° 2014‑366 du 24 mars 2014 (ALUR) — Légifrance (nouvelle fenêtre)
  3. Décret n° 2015‑587 du 29 mai 2015 relatif aux contrats types de location — Légifrance (nouvelle fenêtre)
  4. Arrêté du 29 mai 2015 relatif à la notice d’information — Légifrance (nouvelle fenêtre)
  5. Le contrat de location (bail) — Service‑Public.fr (nouvelle fenêtre)
  6. Indice de référence des loyers (IRL) — INSEE (nouvelle fenêtre)
  7. Interdiction de location des passoires thermiques — écologie.gouv.fr (nouvelle fenêtre)

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