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Obligations & décence

Assurance PNO du propriétaire bailleur : obligatoire ou recommandée ?

6 min de lectureMis à jour le

L’assurance PNO (propriétaire non occupant) est de fait obligatoire pour un bailleur en copropriété : depuis la loi ALUR, chaque copropriétaire doit être couvert au moins en responsabilité civile (article 9‑1 de la loi n° 65‑557 du 10 juillet 1965), qu’il occupe son lot ou le loue. Pour une maison individuelle, aucune obligation légale n’existe, mais la PNO reste vivement recommandée. Elle comble les trous que ne couvrent ni l’assurance du locataire, ni celle de l’immeuble.

Relu par un professionnel de la gestion locative.

Mis à jour le 30 juillet 2026.

Sources officielles citées en bas de page.

Sommaire

Qu’est-ce que l’assurance PNO ?

La PNO, pour « propriétaire non occupant », est une assurance souscrite par le propriétaire d’un logement qu’il n’habite pas lui‑même, le plus souvent parce qu’il le loue. Elle protège son bien et engage sa responsabilité civile de propriétaire dans les situations que les autres contrats laissent de côté.

Il faut la distinguer clairement des autres assurances qui gravitent autour d’un logement loué. La PNO n’est ni l’assurance habitation du locataire, ni la garantie loyers impayés (GLI), ni l’assurance de copropriété souscrite par le syndic. Chacune joue un rôle différent et couvre un périmètre distinct.

Concrètement, la PNO intervient quand le logement est vacant entre deux locataires, quand le locataire n’est pas ou plus assuré, ou quand un sinistre provient d’une origine qui n’est couverte ni par le locataire ni par le syndicat des copropriétaires. Elle constitue le filet de sécurité du bailleur.

La PNO est-elle obligatoire pour le bailleur ?

La réponse dépend de la nature du bien. En copropriété, l’assurance est de fait obligatoire. Depuis la loi ALUR, l’article 9‑1 de la loi n° 65‑557 du 10 juillet 1965 impose à chaque copropriétaire d’être assuré au minimum au titre de la responsabilité civile, qu’il occupe son lot ou qu’il le mette en location. Un bailleur en copropriété doit donc être couvert, et la PNO est la réponse naturelle à cette obligation.

En maison individuelle hors copropriété, aucun texte n’impose au bailleur de s’assurer. La PNO y est facultative sur le plan légal, mais vivement recommandée : sans elle, le propriétaire supporte seul les conséquences d’un sinistre survenu pendant une vacance ou d’un dommage dont le locataire n’est pas responsable.

Rappelons que le locataire, de son côté, est tenu de s’assurer contre les risques locatifs et d’en justifier chaque année, en application de la loi du 6 juillet 1989. Cette obligation du locataire ne remplace pas la couverture du propriétaire : elles se complètent. Pour tout comprendre du cadre applicable en immeuble collectif, consultez notre guide louer en copropriété.

Qui assure quoi dans un logement loué ?

Autour d’un même logement, plusieurs contrats coexistent, chacun avec son périmètre. Comprendre qui couvre quoi évite à la fois les mauvaises surprises et les doublons inutiles. Le tableau ci-dessous résume la répartition des rôles.

L’idée clé : l’assurance du locataire protège d’abord le locataire et les risques qu’il fait courir au logement ; l’assurance de l’immeuble protège les parties communes ; la PNO protège le propriétaire pour tout le reste.

Qui doit s’assurer, et pour quoi ?

PartieAssuranceCe qu'elle couvre
LocataireRisques locatifs (obligatoire)Incendie, dégât des eaux et dommages dont le locataire est responsable dans le logement qu’il occupe
Bailleur en copropriétéPNO / RC (obligatoire, art. 9‑1)Responsabilité civile du propriétaire, recours, vacance locative, défaut d’assurance du locataire, aggravation d’un sinistre
Bailleur maison individuellePNO (recommandée)Mêmes garanties que ci-dessus, en l’absence d’obligation légale mais fortement conseillée
Syndicat des copropriétairesAssurance de l’immeubleParties communes (toiture, façades, hall, cages d’escalier), souscrite par le syndic

Pourquoi la PNO est-elle utile même si le locataire est assuré ?

On imagine parfois que l’assurance du locataire suffit à couvrir le propriétaire. Ce n’est pas le cas. L’assurance du locataire couvre les risques locatifs dont il est responsable, mais pas les dommages subis par le propriétaire lorsque le logement est vacant, lorsque le locataire n’est pas assuré, ou lorsque le sinistre provient des parties communes.

De la même façon, l’assurance de l’immeuble souscrite par le syndic couvre les parties communes, pas l’intérieur du lot privatif. Entre la couverture du locataire et celle de la copropriété subsistent donc des zones sans protection : c’est précisément ce que la PNO vient combler.

Elle prend notamment en charge la responsabilité civile du propriétaire, les recours, la vacance locative, le défaut d’assurance du locataire et l’aggravation d’un sinistre. Autant de situations réelles où, sans PNO, le bailleur assumerait seul les frais. La PNO se distingue en cela de la garantie loyers impayés (GLI), qui protège les revenus locatifs mais pas le bâti.

PNO, assurance du locataire, GLI, assurance de l’immeuble : comment ne pas les confondre ?

Ces quatre contrats sont souvent mélangés, alors qu’ils répondent à des besoins distincts. L’assurance habitation du locataire couvre sa responsabilité et ses biens dans le logement. La GLI protège le propriétaire contre les impayés de loyer. L’assurance de l’immeuble, souscrite par le syndic, couvre les parties communes. La PNO couvre le propriétaire pour le lot loué dans les cas laissés découverts.

Souscrire une PNO ne dispense donc pas d’exiger l’attestation d’assurance du locataire chaque année, ni ne remplace une éventuelle GLI si le bailleur souhaite sécuriser ses loyers. Ces protections s’empilent sans se recouvrir totalement.

Pour situer la PNO dans l’ensemble de vos devoirs de bailleur, reportez-vous à notre guide sur les obligations du bailleur envers le locataire. Et pour établir un bail conforme intégrant la clause d’assurance du locataire, utilisez notre générateur de bail.

Questions fréquentes

La PNO est-elle obligatoire ?
En copropriété, oui, de fait : l’article 9‑1 de la loi du 10 juillet 1965 impose à chaque copropriétaire, occupant ou bailleur, d’être assuré au minimum en responsabilité civile. La PNO répond à cette obligation. En maison individuelle hors copropriété, elle n’est pas obligatoire mais reste vivement recommandée.
PNO et assurance du locataire, est-ce redondant ?
Non. L’assurance du locataire couvre les risques locatifs dont il est responsable dans le logement qu’il occupe. La PNO couvre le propriétaire pour ce qui reste : la vacance locative, le défaut d’assurance du locataire, les sinistres venant des parties communes ou l’aggravation d’un dommage. Les deux se complètent sans faire double emploi.
Que se passe-t-il si mon locataire n’est pas assuré ?
Le locataire est tenu de s’assurer contre les risques locatifs et de le justifier chaque année, en vertu de la loi du 6 juillet 1989. S’il ne l’est pas et qu’un sinistre survient, sans PNO le propriétaire peut se retrouver sans couverture pour les dommages subis. La PNO prend alors le relais en cas de défaut d’assurance du locataire.
La PNO remplace-t-elle l’assurance de la copropriété ?
Non. L’assurance de l’immeuble, souscrite par le syndic, couvre les parties communes (toiture, façades, hall). La PNO couvre le lot privatif du propriétaire et sa responsabilité civile. Ce sont deux contrats distincts et complémentaires.

Sources officielles

  1. Légifrance — article 9‑1 loi n° 65‑557 du 10 juillet 1965 (nouvelle fenêtre)
  2. Service‑Public.fr — assurance du logement (nouvelle fenêtre)

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